Lake Placid - faut le voir!
13 janvier 2005

Rod Willmot

 
[Samedi, le 8 janvier, 2005]  Me voici à la Mecque. Lake Placid, NY pour être précis, l'Ovale olympique. C'est ma troisième visite depuis un mois, en apprentissage du système de chronométrage fourni par Marathon Skating International : des puces autour des chevilles, des fils détecteurs ensevelis dans la glace. Bien cool, bien simple, sans des tours pas-comptés (ni des compteurs de tours grelottant sur la glace en s'efforçant de garder à l'oeil conjoints et amis), les résultats imprimés tout de suite après chaque course. Cette fois c'est moi qui opère le système tout seul, alternant entre la rédaction de ces lignes et le travail préparatoire d'ajouter les patineurs dans la base de données pour les deux courses de la fin de semaine.

Au dessous de ma fenêtre je vois l'Ovale olympique et une poignée de patineurs s'échauffant comme autant de cygnes. C'est une piste réfrigérée, caressée et câlinée après chaque séance par un Zamboni amoureux. À droite il y a un énorme bâtiment à l'intérieur duquel se trouvent plusieurs patinoires pour le hockey, le patinage artistique et le patinage de vitesse courte-piste. Des événements d'envergure internationale y ont lieu souvent, comme c'est le cas pour la glace à l'extérieur devant moi.

Tout droit devent moi de l'autre côté de l'Ovale se lève une édifice impressionnante qui évoque au style soviétique, mais c'est l'école secondaire de Lake Placid. Et loin à gauche, mais au fait pas trop loin, ce sont de belles montagnes aux cimes blanches.

Il faut venir à Lake Placid pour savoir vraiment comment c'est. Rien qu'à deux heures de Montréal sur d'excellentes routes, dans les 40 dernières minutes vous voilà dans un monde différent, en train de serpenter par l'étroit High Falls Gorge avec une rivière furieuse tout près sur un côté, et au-dessus, très haut, la montagne Whiteface. C'est magnifique et excitant. Et lorsqu'on arrive au village de Lake Placid, eh bien le choix d'activités est incroyable: tous les sports classiques des olympiques d'hiver, tout ce qu'on pourrait vouloir faire en forêt et en montagne.

Je l'appelle village, et ça en a l'air, mais en ce qui concerne hôtellerie et les installations sportives Lake Placid a les atouts d'une grande ville, pourtant en un milieu intime et amical. J'aime surtout l'intimité de l'Ovale, protégé du vent, utilisé la journée longue autant par des patineurs de vitesse que par des récréatifs, en séances alternantes. Et puis, à rien que 100 mètres de la glace, on trouve le glorieux Lake Placid Pub and Brewery, à l'ambiance détendue et chaleureuse, aux bières en fût de grande qualité (créées sur place), à la très bonne bouffe aussi.

Sur le menu à l'Ovale aujourd'hui nous avons un 25K, 49 patineurs venus participer d'un peu partout aux États-Unis, du Québec et de l'Ontario. Demain ce sera un 50K. Malgré le titre intimidant de Championnats nationaux du marathon, il s'agit d'un événement des plus accueillants, car parmi les participants se trouve plusieurs sexagénaires et des gens de tous les niveaux possibles. Quoique tous aujourd'hui soient en patins de vitesse, plusieurs viennent de les louer (lames surtout, ou même des patins complets) au magasin Dimon Sports à quelques 200 mètres de l'Ovale.

Et voilà la vraie raison pour laquelle il faut considérer Lake Placid comme la Mecque des patineurs. Imaginez-vous la en ouvrant la porte d'un magasin de découvrir que c'est plein de patins de vitesse, rien que ça : bottines, lames, roues, patins complets, uniformes, gants, protège-tibia, tout est là. Prenez tout ce qui vous vient à l'esprit avec le mot "magasin" et jetez-le par la fenêtre: ici il n'y a rien du faux lustre achetez-moi des magasins Sports Experts. À peine que vous aurez pénétré à l'intérieur du magasin de John Dimon et vous saurez que vous êtes tombé dans le paradis des patineurs, terre à terre, conçu pour les patineurs (comme tels et non pas comme consommateurs), avec de la machinerie d'entretien derrière le comptoir.

[Dimanche, le 9 janvier]  Hier on a eu quelques hics. Mon prédécesseur avait insisté sur une configuration particulière (erronée) du logiciel, de sorte que quand le gagnant à complété son dernier tour, tout d'un coup le système a arrêté le comptage pour tous les autres. Heureusement le système a continué d'enregistrer les temps des tours (sans les additionner), et après 4 heures de travail laborieux (facilité par Frank Cherry, qui récitait patiemment les chiffres sur l'écran), j'ai pu fournir des résultats détaillés jusqu'au millième de seconde. Malheureusement il y a eu un deuxième hic vers la fin de la course : un spectateur a marché sur des fils qu'on avait omis de protéger, et soudainement l'ordi ne recevait aucune donnée de plus. Les 5 derniers patineurs au 25K furent ainsi privés d'un résultat officiel.

Mais aujourd'hui on a tout fait correctement! Le logiciel est configuré comme il faut, les fils qui sortent de la glace sont à l'abri derrière une barrière de gros cônes, et l'animateur est enfin au bon endroit. Hier on nous avait fourni un fil pour le micro qui était tellement court qu'il fallait crier des noms et des chiffres à travers trois salles différentes. C'était fou. Mais aujourd'hui le fil arrive jusqu'à l'autre côté de mon portable, et Ken Windman est là pour annoncer le déroulement du 50K et pour dire aux patineurs combien de tours il reste à chacun. Et tout se déroule en ruban de soie. À la fin les patineurs sont tout sourires, l'un d'eux clamant qu'il a réalisé un record personnel grâce au fait de savoir toujours où il en était. Les organisateurs Lisa Windman et Mike Millar sont bien contents, John Dimon est bien content, et moi je suis super-content. La cerise sur le sundae c'est quand, à peine quelque secondes après que le dernier patineur ait quitté la glace, je clique sur Imprimer, et peu après je peux descendre aux patineurs pour distribuer des copies des résultats.

[Mercredi, le 12 janvier]  Au menu prochainement : le Marathon du Vermont & Championnats du marathon en Amérique du nord, à Lake Morey, Vermont. Puisqu'il s'agit d'un lac on verra beaucoup de patins nordiques à Lake Morey. Le site est d'une grande beauté naturelle, et le fait que tout le monde passe la fin de semaine ensemble au centre de plein air Hulbert ajoute à événement un élément spécial, spécialement chaleureux. Bonne bouffe, bons amis, patinage fantastique... qu'est-ce qu'on peut demander de plus?

Entretemps, j'aimerais planter la semence Lake Placid dans l'esprit de mes concitoyens québécois. C'est un endroit fabuleux pour le patinage, avec une glace impeccable, un environnement qui vous fera capoter, et tout le reste dont nous les Roller-Montréalais raffolons lorsque nous nous trouvons ensemble. Les fins de semaine il y a deux séances par jour de patinage de vitesse; le reste du temps, même sur des nordiques on peut se mêler au récréatifs à condition de ne pas aller vite. Joignez le patinage à une visite allongée au magasin Dimon Sports, où vous capoterez pour sûr. Préparez-vous pour la découverte de bières délicieuses, allez-y pour la fin de semaine, passez la nuit dans une auberge aux coût réduit (le choix d'hébergement est vaste). Vous serez étonné d'avoir vécu tellement longtemps aussi proche de la Mecque sans jamais y aller auparavant.

Rod Willmot

 

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