Les Patineurs-Artistes de la Rue
le 11 avril, 2005

Rod Willmot

 
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Samedi dernier les Patineurs-Artistes de la Rue (Annie Pazzi & Rod Willmot, fondateurs) ont décidé de quitter leurs rues bien-aimées de la ville de Montréal pour aller zyeuter la piste Blainville/St-Jérôme. Journée où la générosité du soleil appelait à faire autant de folies que possible.

Blainville était toujours Blainville, c-à-d qu'on doit faire une bonne partie dans la rue, ce qui ne nous réjouissait pas terriblement puisque ces rues-là ne ressemblent en rien à de Vraies Rues telles qu'on les connaît en ville. Mais c'était pas si pire. Arrivés à la piste cependant nous avons vite découvert que des bancs de neige nous attendaient sous les arbres, ce qui n'est pas vraiment notre trip. On retourne donc au char puis on fait vroom à St-Jérôme. Annie avait tellement hâte de rouler qu'elle n'a même pas pris le temps d'enlever ses patins.
 

À St-Jérôme la piste des deux côtés de l'ancienne gare était couverte d'une dense couche de garnotte, à l'exception de deux allées étroites créées par le passage de vélos.
 

Après une centaine de mètres cependant l'asphalte était bien propre, et nous avons fait quelques kilomètres très plaisants agrémentés de jeux d'habilité, entre autres les arrêts nombreux aux rues, des traverses de la voie ferrée, des ruisseaux à sauter, des bancs de neige à contourner... (Comprenez que pour un patineur-artiste de la rue, tout obstacle n'est qu'un jeu d'habilité.)

Nous étions persuadés qu'à la sortie de St-Jérôme la piste s'en allant dans les champs serait belle, sans neige ni garnotte. C'était vrai pour à peu près un kilomètre, après lequel...
 

Mais pourquoi des patineurs-artistes de la rue s'obstineraient-ils à rouler en piste? Bon sang, n'y a-t-il pas de rues dans la municipalité de St-Jérôme? Eh bien oui, et c'est en pratiquant notre art que nous avons découvert que ladite municipalité recèle plusieurs délices le long de ses rues. La plus délicieuse est sûrement le saucissier que nous avons trouvé rue de la Gare, en arrière de l'ancienne gare et à mi-chemin entre elle et la rue principale. Ça s'appelle La Faim d'Loup. C'est un trésor, et je vous conjure d'y faire visite en apportant un bel appétit et des sous pour vous approvisionner. Car non seulement peut-on manger sur place mais on peut s'acheter un choix surprenant de bières québécoises et autres bonnes choses.
 

En pénétrant dans la boutique on sent le doux parfum d'une choucroute marinée (au vin blanc, j'ai appris), parmi d'autres arômes qui vous mettront l'eau à la bouche. Pendant que nous attendions nos saucisses nous avons exploré l'antre du loup à l'arrière, lieu où se cachent les bouteilles de liquides précieuses mentionnées ci-haut.
 

Nous avons mangé comme des loups affamés, et laissez-moi vous dire que le repas valait la châsse.
 

Je ne sais pas pourquoi c'est important, mais Annie a tenu à nous montrer que lorsqu'elle patine elle ne porte jamais des chaussettes jumelles. Cousines germaines, c'est acceptable...
 

De l'autre côté de la rue du saucissier il y a deux autres points d'intérêt pour les visiteurs à St-Jérôme, un magasin grossiste en tout ce qui touche à la décoration des ongles, ainsi qu'un petit café. Nous avons bénéficié des deux, car Rod maintient que les patineurs-artistes doivent afficher leur flyéïtude à plusieurs endroits et de diverses manières. En plus il y a une très jolie fille qui travaille à ce magasin, ce que votre humble webmestre avait reniflé de loin.

Quant au café, nous n'avons pas remarqué s'il y avait serveur ou serveuse, tant notre besoin de caféïne était urgent. Regardez par exemple la prochaine image. Connue pour son calme mystique, son attitude méditative (pour ne pas dire léthargique) devant les accidents de la vie, Annie était à son cinquième café de la journée, pourtant elle a eu du mal à ne pas s'endormir au volant!
 

Par miracle nous sommes arrivés sains et saufs à Montréal, ce qui nous a permis de continuer la pratique de notre art le lendemain matin. Pendant que la foule festoyait dans le vent de l'Estacade, nous avons fait des prestations le long de St-Denis, Mont-Royal, des Pins, St-Jacques... Dimanche matin à contre-sens sur la rue St-Jacques, yummm! La seule partie peu-intéressante de notre journée fut celle consacrée à une vérification de l'état exécrable de la piste du canal Lachine. Non mais franchement, c'est trop simple pour y avoir du plaisir! Vous ne trouvez pas? Platte, platte, platte. À éviter à tout prix, sauf pour aller vite nulle part.

Sur le chemin du retour nous avons glapi de joie en quittant la piste (ainsi que le vent) pour ensuite pénétrer dans le marché Atwater. À la recherche de fleurs pour nos casques. La gentille dame à refusé de nous vendre des fleurs à cette fin, disant qu'elles seraient fânées avant même que nous arrivions à Mont-Royal. Nous avons opté pour un gros long missile de glaïeuls, bien emballé, que Rod a porté tel une arme de destruction massive le long de Ste-Catherine.

Je vous laisse avec cette photo que nous avons captée à notre péril au parc Lafontaine, d'un troupeau de vieux dégradés. Regardez comme elle est grise, la vie des cyclistes! Regardez comme ils doivent fumer du pot pour avoir un peu d'fun!
 

Rod Willmot

 

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