| Dimanche soir, 19h30, je termine enfin mon nettoyage de "bearing" en
me repassant les images du week-end. Si, dès la première édition, il était
évident que le 24h Roller de Montréal était appelé à grandir, cette deuxième
édition confirme que cet événement est voué à un grand avenir! Quelle
magnifique démonstration du dynamisme de notre club, des patineurs et des
sportifs en général!
Voulant faire ma part pour donner un coup de main à l'organisation, c'est quelque peu avant 8h00 que je me suis rendue sur le site, accompagnée de mes deux garçons. L'excitation est palpable, les bénévoles déjà à l'ouvrage pour finaliser le montage du site. Benoît, non content de passer 24 heures sur le site y a couché vendredi soir avec sa douce Stéphanie, histoire de garder un oeil sur l'équipement et les marmottes. Le soleil se fait déjà sentir, ce sera chaud, trop chaud même, mais on est tous heureux de pouvoir profiter d'une si belle journée, ça pourrait être pire, il pourrait pleuvoir... Les patineurs arrivent en masse et s'installent aux endroits qui leur ont été désignés. Il y a de la place pour tout le monde, l'espace qui nous est alloué dans les paddocks est suffisant pour accueillir tout le monde dans le confort... Difficile de croire que les inscriptions ont presque doublé depuis l'année passée. Pour ma part, je me rends compte peu avant la course que je suis orpheline d'équipe, la communication, on ne le dira jamais assez, n'est pas chose simple... Qu'à cela ne tienne, il y a sûrement une équipe prête à nous accueillir ma p'tite famille et moi. Quoi? Je dois porter une jupe? Hawaïenne? Et toutes ces fleurs?? Décidément... Katia, même avec seulement sept patineurs dans son équipe est intraitable; c'est la jupe ou la porte... Je me plierai donc à ses exigences et irai même jusqu'à lui avouer que, oui, j'ai mon haut de bikini pour parfaire le kit! Finalement, je dois admettre que même après avoir raccourci la jupe (deux fois plutôt qu'une), c'était très efficace pour reconnaître les patineurs durant les relais... Après un tour de chauffe, nous sommes enfin prêts à prendre le départ. Le parcours est quelque peu modifié à la dernière minute, pour cause de stationnement trop plein. Nous devrons donc faire un détour par le bois au bout du bassin olympique. À première vue, la petite côte au bout du bassin semble plus facile que celle du circuit régulier. Par contre aux petites heures du matin et après plusieurs kilomètres derrière eux, les patineurs ont pour la plupart regretté la côte originale, la surface y étant tellement plus belle... Benoît, un peu moins stressé depuis qu'il a commencé à mettre de la musique, donne le départ à l'heure prévue... c'est parti pour 24 heures!! Mise à part la chaleur accablante, tout va pour le mieux, aucune chute majeure à déplorer. Malgré tout, c'est avec joie que l'on voit la journée qui s'achève et par le fait même, le soleil descendre tranquillement. Une fois la noirceur arrivée nous avons eu droit à une piste de danse où se sont entremêlés patineurs et danseurs. Nous avons eu l'occasion de nous délier les articulations sous les rythmes endiablés du célèbre Dr Limbo et DJ Benoît. Tranquillement par la suite, les équipes se structurent de façon à passer la nuit et les patineurs, profitant de la belle température vont s'installer à la belle étoile sur le toit des paddocks... Quatre heures du matin, je suis prête à prendre le relais pour mon équipe lorsque que je vois arriver plusieurs patineurs qui pourtant étaient endormis sur le toit quelques minutes plus tôt... C'est que la belle étoile à la pluie ce n'est pas idéal!! J'ai à peine le temps de réagir; enfiler mes vieux Rollerblade et demander de l'aide pour que l'on s'occupe de mes garçons qui sont les seuls encore endormis sur le toit et me voilà sur le circuit, à la grosse pluie... Bof ça va mettre du piquant dans le week-end, des histoires à raconter et en plus c'est bon pour la technique... Malheureusement, je devrai me résigner à quitter après ce tour. Mes garçons partent pour le camp de vacances à 10h00 dimanche et je constate que l'excitation et les lumières des paddocks les garderont éveillés. Les quelques petites heures qu'ils ont dormies sont nettement insuffisantes. Seule solution, les ramener à la maison et les remettre au lit le plus longtemps possible. C'est donc à 10h45 que je serai de retour sur le circuit. J'ai eu la partie facile en retournant à la maison et à mon retour je peux lire sur les visages que la nuit a été longue et humide. La pluie tombe toujours et malgré cela, la bonne humeur règne encore, dans mon équipe comme aux abords de la piste. Je chausse mes patins et me voilà repartie pour le dernier sprint, il reste à peine deux heures avant la fin de la course. Je prends mon relais et je réalise que c'est Daniel Dubé qui me suit. Ce sera un honneur pour moi de lui offrir un tour de "draft", quelle ténacité, patiner durant 24 heures dont plusieurs heures sous la pluie! À peu près à mi-chemin, nous croisons Stéphanie qui se donne corps et âme pour conserver l'avance que son équipe à réussi à installer avec sa principale rivale. Nous offrons donc à Stéphanie de patiner entre nous deux, même si nous devons ralentir le rythme un peu. Ce sera pour elle un tour mémorable, et je dois dire que ce sera mon plus beau tour à moi aussi. Sa joie est communicative ainsi que son sourire, surtout à l'arrivée lorsqu'elle constate qu'elle a réussi à réduire l'écart encore un peu, le patineur de l'équipe adverse venant à peine de quitter la zone des relais... Finalement, il pleuvra jusqu'à la fin de la course. Ce n'est que pour le tour de l'amitié que la pluie aura cessée. Comme il se doit, la fin de course est un moment magique. Sous l'influence de Benoît, les participants encouragent et accueillent les derniers patineurs! C'est un moment vraiment intense digne de la fin de semaine. Oui encore une fois il ne fait aucun doute que cet événement est voué à un grand avenir. Un grand avenir? Voyons, un TRÈS grand avenir!!! Annie Lafontaine |