Marathon à New York

Annie Pazzi - 14 août, 2002

 
Vendredi 9 août - Catastrophe ! Et ce n'est pas peu dire ! Il est 22h, je suis dans mon petit coin de pays (Terrebonne!). Je prépare mes bagages, je suis fatiguée, j'ai hâte d'aller dormir. Je laisse Charles et ma mère discuter pendant que j'essai de me concentrer pour ne rien oublier. Je suis de nature très très très distraite, rêveuse et ceux qui me connaissent pourront vous confirmer que ç'en est pathétique. À force de me demander ce que j'ai bien pu oublier (parce que j'oublie toujours quelque chose), je me rends compte que je n'ai pas mes patins ! Ils sont au boulot, à Ville St-Laurent. Je n'ai ni clé, ni mot de passe pour le sytème de sécurité, aucun moyen d'entrer. De plus, je n'ai le numéro de téléphone de personne du bureau. Panique ! J'essai le 411, rien. Les numéro de ceux avec qui je travaille sont tous confidentiels ! Charles à la merveilleuse idée d'appeler la compagnie de sécurité de l'établissement où je travaille. Monsieur (charmeur et vendeur comme on le connait) convainc la dame au bout du fil de me donner le no de mon patron. Je dois d'abord m'identifier et comble de malheur, je ne suis pas dans l'ordinateur. Celle-ci me suggère de téléphoner pour moi mon patron et de lui donner mon no de tél. Évidemment que j'accepte! Mais celui-ci ne peut pas venir m'ouvrir, il me donne le no personnel du concierge. Que je suis mal à l'aise de téléphoner à 22h30 quelqu'un que je connais à peine pour lui demander un tel service. Quel bonheur, il pourra venir m'ouvrir le lendemain à 6h.

Samedi 10 août - Quelle joie ! On se lève à 5h du matin, on fonce à Ville St-Laurent et youpie, je récupère mes patins. J'embrasse le concierge, je lui en doit une !! Enfin, nous pouvons partir. Nous rejoignons les autres et nous partons vers 7h30. Le trajet se déroule bien, une chance que nous avons l'air climatisé dans la voiture parce qu'à l'extérieur, c'est la canicule. Après 7 heures et demie de route, nous voilà enfin arrivé à l'hôtel. Mais une erreur s'est produite lors des réservations. Ah! non, les ennuis ne vont pas recommencer ! Mais non, soyez rassuré, le personnel de l'hôtel a été charmant et à rectifié la situation à notre avantage. Moi , Charles (éternels hyperactifs et impatients que nous sommes), suivi de Dany allons chercher nos dossard, on enfile nos patins et hop! Manhattan nous appartient. Un premier tour de Central Park me fait jubiler. Que la surface est belle, que le parc est bien entretenu (si on compare au reste de la ville surtout). Ensuite, nous décidons d'aller nous promener dans le traffic bien connu de NY. Une descente de Central Park à Time square, à travers la foule d'une vente trottoir sur Broadway, merveilleux. La faim nous gagne, S'Barros nous rassasit. Resto, style cafétéria avec des pâtes, des salades. Succulent. Je n'aurais jamais cru trouver de la bonne nourriture au "States" ! Coup de barre, la digestion nous assomme. Retour à l'hôtel, le sommeil nous emporte vers les 21h. Anecdote : Je me réveille, persuadée qu'il est 4h et que l'on doit se lever pour déjeuner, quelle merveilleuse surprise que de constater après quelques minutes qu'il est en fait 22h15 !!

Dimanche 11 août - 4h, c'est tôt ! Difficulté à me lever, mais bon. Petit déjeuner léger, étirement, ça y est nous sommes prêt. Nous devons être à 5h30 au fil d'arrivée. Il fait noir, c'est frais, super ! 6h, le premier départ est donné. Moi, je suis dans l'avant-dernier départ, soit l'Advanced 10 km. Pour une première course, c'est suffisant pour moi ! Mais les autres se sont inscrits au marathon 40 km. Le parc est immense, boisé, montagneux. Ce qui signifie des remontés un peu difficiles pour une fille pas trop entrainée mais aussi des descentes. Ho! là! là! Tous diront que je suis très téméraire dans les pentes, et c'est vrai. Ça m'excite, l'adrénaline me submerge, j'en mange! Pentes pas très à pique mais longues et tortueuses. Quoi demander de plus. Malheureusement (ou heureusement), je patine seule, n'ayant trouvé aucun peloton à ma vitesse auquel me raccrocher. Je me retrouve au centre, une foule devant, une derrière. Après 15 minutes, j'ai mal au dos. J'ai oublié de me relever après le sprint du départ (Ha! ces oublis!) mais je me concentre sur ma technique. Au 3/4, je ralentis considérablement, j'ai mal. Je profite de ce qui se passe autour, j'observe. Le temps s'arrête, l'estomac noué depuis une semaine se relâche enfin, tout est parfait. Je repars, Rod me rejoint avec quelques patineurs, je m'accroche à eux. La plus grande pente et la plus tortueuse est devant nous. Les yeux qui sortent de mes orbites, nous avançons à une vitesse folle. J'ai envie de rire, de hurler, j'adore ça. On arrive au bas de la pente, la distance se forme entre moi et le peloton, je ne suis pas assez pesante. La fin approche, je vais terminer seule. Peu importe, j'ai l'habitude de patiner en solitaire. Le fil d'arrivée est enfin franchi, hourra ! Je retourne à l'hôtel chercher la caméra pour prendre les autres à leur arrivée. À mon retour, je me réhydrate et je les attends. Je crois que tous ont apprécié leur marathon. Un peu avant la remise des prix, notre trio (moi , Charles et Danny) allons nous rafraîchir à l'hôtel et repartons à la conquête de la ville. Nous avons pris le métro, nous sommes allé voir le fameux "rien du tout" soit le vide laissé par les deux tours et nous sommes revenu pour notre retour vers Montréal.

Faits cocasses et fous rires ont succédés lors de notre retour (Martine est très ricaneuse vous savez !). Parce que c'est ma première expérience, c'est imprimé dans ma mémoire. Pour l'avoir partagé avec des gens qui m'ont encouragé cette expérience est devenue INOUBLIABLE, Ha! Ha! Ha! Merci à Charles pour m'avoir aidé à récupérer mes patins, à Danny pour avoir prêter sa voiture, à tous Rod, Bernard, Martine, Pan (en passant Pan, j'espère que tes blessures se portent bien !) pour avoir encouragé.

Annie Pazzi

 

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