100 km à New York

Bernard Doth - 14 octobre, 2002

 
[Dans ce rapport, Bernard raconte sa course de 100 km à New York, qui a eu lieu le 22 septembre.]

Pour cette course, j'avais décidé de me laisser dorloter un peu. En effet, j'ai décidé de descendre en autobus nolisé avec le club d'Ottawa, question d'avoir un peu plus de temps et d'être moins à la course avant le grand événement. La session d'automne est particulièrement chargée pour moi au CÉGEP et je commence à ressentir la fatigue du boulot et de la fin de la saison de patin.

Nous sommes partis d'Ottawa jeudi en fin d'après-midi. Nous avons fait un petit détour à Gananoque, pour ramasser des patineurs de d'autres régions dont Kingston et Toronto. Notre prochain arrêt, le "Duty Free" avant de passer la Frontière. À la Douane, ce ne fut qu'une formalité, à peine arrêtés une dizaine de minutes, nous repartions vers Newark, au New Jersey. Le voyage s'est très bien passé, et nous arrivions à l'hôtel vers les minuit trente.

Après une bonne nuit de sommeil et un bon petit déjeuner, nous repartions à environ 10h30 vendredi matin pour nous rendre à Central Park. Il faut dire que l'hotel est juste en face de la Gare, c'est très pratique. Nous étions moins de dix à faire le trajet, mais une fois arrivés, nous avons vite été rejoints par plusieurs partineurs. Nous avons enfilé nos patins et sommes partis pour faire une courte boucle de deux km en attendant le reste du groupe. À notre retour, tout le monde était arrivé, alors nous avons fait une boucle de 10 km, question de se dégourdir un peu. Par la suite le groupe s'est fractionné en petits groupes. Certains sont partis magasiner, d'autres sont partis faire du "Sight seeing" et moi je suis parti avec un petit groupe manger dans un magnifique petit restaurant au coeur de Central Park tout près d'un petit étang. Je crois que le restaurant s'appelle le "Boat House". Par la suite, nous sommes repartis en longeant Broadway pour un bon bout, nous arrêtant ici et là, jusqu'à ce que nous arrivâmes à la gare de Manhattan qui allait nous ramener à l'hôtel. Une bonne douche et quelques préparatifs en fonction de la course du lendemain matin, et on prend ça relax pour le reste de l'après-midi. Vers 18h00, je pars souper avec un petit groupe manger un bon repas de pâtes. Suzanne Dionne nous amène à un tout petit resto dans le quartier Ibérique (Espagnol/Portuguais) tout près de l'hôtel. Par la suite, nous retournons à l'hôtel et chacun s'organise avec ses derniers préparatifs et le coucher se fait très tôt.

Samedi matin, 4h15, lever et douche, on mange un peu et on se prépare. Il ne faut absolument rien oublier, on prend nos bagages et on descend à l'avance, question de ne pas manquer l'autobus. Nous arrivons en bas et rencontrons le reste du groupe. Il y a une frénésie dans l'air, ça se sent. Tout le monde est excité, certains même trop, les papillons dans l'estomac, difficulté à digérer, mal dormi, etc. Les gens s'étirent, mangent leurs "Powerbars", et boivent leurs "Gatorade" en attendant l'autobus. 5h30 arrive et passe et Gavin Thulien, notre organisateur, est sur son cellulaire s'assurant que les derniers retardataires ne manquent pas l'autobus. Le temps passe, et on entend des farces, du genre, "Le chauffeur est peut-être passé tout droit" etc. Mais là, il y a des gens qui commencent à s'inquiéter, certains décident de partir en taxi, afin de s'assurer d'arriver à temps. Le chauffeur n'arrive toujours pas, et nos organisateurs décident de faire venir des taxis. Une flotte de taxis-limousines arrive et nous embarquons et nous nous dirigeons vers Prospect Park en filant à vive allure. Nous arrivons au moins trois quarts d'heure à l'avance, assez de temps pour nous préparer, aller chercher nos dossards, un dernier tour au petit coin et nous nous avançons vers la ligne de départ. Il fait déjà chaud.

À la ligne, notre petit peloton s'agite. Nous sommes quatre, Daniel Dutrisac et Steve MacDonald d'Ottawa, Lanny Totton de Toronto et moi-même de Roller-Montréal. Notre but, terminer en quatre heures. Tout a été figuré, en patinant à un rythme de 12 minutes et 38 secondes le tour pendant 19 tours ou boucles, nous rentrons en quatre heures. Je crois que c'est très faisable, car je l'ai complété en 4h11 l'an dernier en patinant seul. Et c'est le départ et la première côte que nous allons répéter pendant 19 fois. Tout va bien, le groupe est fort, et nous roulons à vive allure. Dans la grande descente, nous sommes extrêmement rapides. Et nous complétons le premier tour en 10 minutes 55 secondes, WOW!!! Un peu rapide, faudrait ralentir un peu. Deuxième tour, 11 minutes 20 secondes, encore trop rapide, mais ça va super bien, et nous formons le deuxième peloton. Nous sommes très rapides et tout va très bien. Nous finissons le huitième tour - distance du Marathon de 42 km - en 1h34,05. Je commence à penser que notre rythme est un peu trop rapide pour moi aujourd'hui quoique je me sente très bien.

Deux tours plus tard je commence à sentir la côte qui me rentre dedans. Mais, mon plus gros problème, ce qui me taxe le plus, c'est le "Upper back stretch", le faux plat montant très rugueux. En effet, mes patins "clap" vibrent énormément dans cette section, et je me sens de plus en plus tendu en traversant cette section et cela me fatigue énormément. Après le quatorzième tour, je sens que je dois ralentir, ce que je fais après avoir fait mon tour à la tête du peloton, je ralentis et je laisse le groupe partir. Je travaille maintenant seul, c'est beaucoup plus dur, je réalise que mes descentes sont beaucoup moins rapides et je parcours beaucoup moins de distance avec mon élan de descente. En traversant la ligne de Départ/Arrivée, à la fin du seizième tour, j'ai une grosse crampe à l'intérieur de la cuisse gauche, ça me fait tellement mal que je dois me tasser sur le côté de la route et m'allonger. Soudainement, j'ai une crampe dans la cuisse droite et je suis maintenant crampé dans les deux jambes. Heureusement qu'il y a beaucoup de gens du club d'Ottawa qui ont déjà complété le 42km, et quelques-uns d'entre eux viennent à ma rescousse. On va me chercher des bananes et un autre patineur m'offre de sa mixture magique ainsi qu'un massage pour essayer d'éliminer les crampes. Je finis par me lever et traverser de l'autre côté de la route pour me rendre à ma glacière où je vais chercher mon "Recovery drink". C'est la première fois que je bois ce genre de mixture, il est chaud et ce n'est pas buvable, mais j'en bois quand même un peu. Ah que c'est mauvais!! 15 ou 20 minutes se sont écoulées, je ne sais pas au juste, mais les crampes semblent avoir disparu, alors je décide de repartir. Je complète péniblement mes trois tours et termine la course et mes 100 km. En arrêtant les crampes reprennent, mais moins intenses. Ça finit par partir. Mon temps final, 4h28:49.

J'ai rencontré mes copains par la suite, j'ai appris que Daniel Dutrisac a eu les mêmes problèmes de crampes que moi, il est rentré en 4h12:59. Quant à Lanny et Steve, il ont complété en 3h54:17 et 3h54:18 respectivement. En rétrospective, je crois que nous sommes partis trop vite et que nous nous sommes leurrés à croire que nous pouvions garder ce rythme pendant 100 km par ce temps très chaud et très humide. Deux personnes ont complété la distance en moins de quatre heures, mais si le rythme avait été un peu plus lent, nous aurions sûrement tous pu compléter la distance plus rapidement en finissant plus fort. J'ai personnellement beaucoup appris de cette expérience. La prochaine fois que je me fixerai un objectif par rapport à la vitesse, j'essaierai d'y être plus fidèle.

Après la remise des prix, nous sommes retournés par métro, étant donné que l'autobus n'était toujours pas là. De retour à l'hôtel, et après une bonne douche, je décide d'aller souper dans un petit resto près de l'hôtel. Je suis beaucoup trop fatigué pour retourner à Manhattan au "Post Race Party". Nous sommes plus de vingt personnes à se rejoindre au resto et par la suite, nous nous sommes réunis dans une des chambres à l'hôtel pour une bière ou du vin et discuter sur le patin, quoi d'autres!! Vers 23h00, chacun est retourné à sa chambre. Le lendemain matin, nous avions un nouveau chauffeur pour le retour qui se passa fort bien. Somme toute, ce fut un très beau voyage et une fin de semaine intéressante. En ce qui concerne la course, ce n'est que partie remise à l'année prochaine.

Bernard Doth

 

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