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Je tairai le nom de la patineuse qui n'est pas allée à Ottawa à cause de la
"100% prévision de pluie" pour dimanche. Ceux qui se sont obstinés à patiner
quand même ont connu, d'abord, un samedi parfaitement ensoleillé, suivi d'un
dimanche plutôt agréable... Nuageux, frais mais pas froid, presque sans vent,
et pas une goutte de pluie! En somme c'était des conditions idéales pour des
temps de passage records, ce que plusieurs ont réussis. (Pas une goutte, Geneviève!!!)
Une devinette avant que je continue: identifiez le patineur et son club par la couleur de ses cheveux: 1) roux-pourpre; 2) bleue; 3) [_________]. La réponse plus tard... Cette année les courses à Ottawa ont connu la plus grande participation de leur histoire. Presque 600 patineurs ont pris le départ au 10K samedi, et le lendemain matin autant sont partis ensembles pour le marathon et le demi-marathon. J'ai retrouvé beaucoup de mes amis d'Ottawa et de Toronto, et même Blake Lambert de Caroline du Nord, qui a fait le Défi il y a deux ans. En plus il y avait des équipes de Boston et de New York (nombreuse celle-ci), et bien sûr la grande région de Montréal était représentée en force! Parmi les nôtres: Charles Beaudoin, Rod Willmot, Robert Mitchell, Simon Côté, Isabelle Camara, François Leclerc, Martine Charbonneau, Bernard Doth, Joanne Tremblay, Martine Gamache, Annette Hollman, Roger Picard avec son épouse Anne, Stéphane Charron et Brigitte Beaudry avec leur fils Xavier... Steve Robillard, Mathias Archambault, Olivier Jean... Notre ami le chef du Défi, Robert Fortier, que j'ai reconnu de loin par son habitude de patiner avec ses espadrilles dans les mains... Et plusieurs autres que je n'ai pas vus mais qui étaient bien là, comme Raymond Bélisle et Renaud Nicolas. Toujours pas deviné, pour les cheveux? TISC, OUISC, R-M, ça suggère quelque chose? Voici le marathon tel que je l'ai vécu. Ça commence la veille au restaurant, quand j'ai décidé que oui, enfin, j'allais bien prendre des crevettes avec mes nouilles, et oui je prendrais un verre de bon rouge pour les arroser... C'est dire que jusque là j'avais été plutôt craintif, à cause d'un genou qui me peinait depuis un mois; mais du moment où j'ai relaxé, ça a roulé de mieux en mieux. (D'autres peuvent remercier leurs entraîneurs, moi je remercie mon barman, ma serveuse...) Avant le départ je savais que j'allais roulé avec Bob Thicke d'Ottawa, avec qui j'avais fait équipe l'an dernier avec grand succès (records personnels tous les deux). Une de mes hôtes à Ottawa, Jan Riopelle, était au départ avec lui, en plus d'Hélène Soucy que j'avais vue la veille au stand de leur club. Éventuellement à ce noyaud viendrait d'autres patineurs du OUI, surtout Emma Haining et Pascale Messier. Le départ était rough comme d'habitude -- j'ai dû chasser Bob pour lui rappeler que ça irait mieux en équipe -- et dans les premiers 5 km j'ai conseillé de prendre avantage des éberlués qui se brûlaient trop vite (ils nous tiraient). Bientôt c'était moi, Bob, Jan, et Hélène, et nous roulions pour nous et entre nous afin d'éviter l'effet accordéon dans les longs trains. Naturellement d'autres patineurs sont venus nous joindre, et de temps en temps l'un d'eux arrivait en avant pour prendre un tour. À un moment donné je commençais à dire, à celui qui terminait un tour en avant, de rentrer dans les premiers 5, car c'est comme ça que je fonctionne et je voulais que l'équipe soit efficace. À 12 par exemple on n'a aucun sentiment d'appartenance, on repose trop et en même temps tu joues l'accordéon. Mais à 5 ou 6 on est très conscient de partager, c'est motivant et on repose juste assez -- il y a une intensité qui se développe. Au fait c'était frappant combien de communication il y avait entre nous. On s'encourageait constamment, tous aidaient les autres à éviter les pièges (serpents, trous, athlètes à pied ou en chaise roulante). Mon rêve ce jour-là était de terminer plus vite que l'an dernier (1:42:08), mais ce n'était pas sûr à cause de mon genou. Pour l'épargner je donnait peut-être 10% moins que j'aurais pu, donc pour moi c'était une course vraiment contrôlée et sans fatigue, où le jeu d'équipe remplaçait la bravoure physique. À la fin du premier tour (en quelques 50 minutes) je savais que le rêve était gagné, parce que pendant tout ce tour-là j'avais imposé un rhythme conservateur, et je savais que nous allions faire le deuxième plus vite. Le truc était d'être constant. Rien qu'en changeant les relais plus fréquemment, nous avancions un peu plus vite. Et enfin c'était les derniers 8 km, où on peut ouvrir la machine. Là j'ai commencé à crier "Speed up!" au lieu de "Don't accelerate!", et pas loin de la fin j'ai été étonné de voir Bernard devant nous. Peu après notre dépassement son groupe nous a repris avec une bonne vitesse, et je n'ai même pas pensé les suivre, les croyant trop forts. Pourtant, une petite montée les a tout de suite ralentis, tandis que notre travail d'équipe nous permettait de continuer bon train, et nous les avons redépassés sans vraiment essayer. À la fin, ça ne m'intéressait pas de faire un sprint. Je voyais déjà 1:38 affiché, et pourquoi stresser mon genou pour avancer d'une ou deux places? J'ai été super-content en terminant. Toute mon équipe a réussi des records personnels, Bernard aussi, autant de raisons de célébrer. Plus tard nous avons regardé nos montres avec incompréhension : rien que 9h du matin, la journée à peine commencée, et pourtant! Éventuellement la gang de Roller-Montréal s'est retrouvé au restaurant Mayflower (populaire à raison) pour un déjeuner aussi délicieux que mérité. Pour ce qui est des résultats, voici quelques-uns à signaler:
Et maintenant, la réponse à la devinette: 1) cheveux roux-pourpre : Peter Doucet, Toronto Inline; 2) cheveux bleus : Stéphane Tremblay, Ottawa Urban Inline; et 3) cheveux [invisibles] : Charles Beaudoin, Roller-Montréal! Rod Willmot |